L’hippodrome de Toulouse accueillait le lundi 17 mars 2025 l’Assemblée générale ordinaire de l’ANAA.
Le conseil d’administration de l’ANAA rajeuni et féminisé depuis l’an dernier, regorge d’idées afin de rester dans la course des stud-books de chevaux de sport et rester attractifs auprès des éleveurs, malgré la baisse significative des subventions aux organismes de sélection. La branche course n’est pas en reste puisque l’ANAA entretient plus que jamais de bonnes relations avec la fédération Anglo Course et de cette entente naissent des actions pour rapprocher le monde du sport de celui de la course.
Le bilan des saillies 2024 dans la race laisse entrevoir une baisse des naissances en 2025. C’est une tendance observée dans la plupart des stud-books mais qui a un impact toujours plus important sur des races déjà à petits effectifs. Pour la production d’anglo-arabes, les saillies issues des étalons arabes subissent la plus forte baisse, ce qui peut s’expliquer par le contexte difficile de la discipline de l’endurance. Cela se ressent sur les naissances également, alors que les produits AA destinés à l’endurance décrochent depuis plus de deux ans, ceux pour la course se maintiennent et les AA sport (CSO et CCE) connaissent un léger rebond. Malgré tout l’anglo-arabe tire son épingle du jeu en 2024 en réalisant un coup de maître sur les finales d’endurance jeunes chevaux avec un podium cent pour cent anglo-arabe en classique 6 ans et une médaille d’Or aux mondiaux à Monpazier. En cycles classiques jeunes chevaux 20% de l’effectif AA (ratio/ naissances) a couru sur les circuits 5 ans CSO et CCE l’an passé, tandis qu’en course, l’hippodrome de Craon accueillait, pour la première fois lors du week-end des Trois Glorieuses, une course d’anglo-arabe devant une foule de 25000 personnes ! Ce sont ces exemples de réussite qui poussent l’association à se mobiliser toujours davantage.
Oui, communiquer sur la race reste essentiel pour sa visibilité, et l’ANAA s’attache à être présente sur les grands événements élevage et haut niveau organisés en France (le salon des étalons de St Lô, Les Grandes Semaines SHF, le mondial du Lion, Les 5 étoiles de Pau, Equitalyon,…). De même que le magazine Anglo’Mania dont le spécial étalons est sorti ce début d’année doit mettre en avant le savoir-faire des éleveurs d’anglo.
Parallèlement à la communication, les efforts doivent être poursuivis pour le maintien de la race pure. Il est inconcevable de voir disparaître les reproducteurs de section I et II. Sur la voie femelle, les actions entreprises de labellisation et de revalorisation de la PACE anglo-arabe ont porté leurs fruits en 2024. Le règlement du livre généalogique a connu quant à lui une évolution avec une modification de la règle des 15/16eme ascendants au profit des 7/8ème pour favoriser les naissances en section II.
Pour aller plus loin, en 2025 les règles de calculs de la prime PACE ont été revues au profit de la race pure. D’autres projets sont en cours de réflexion par le conseil d’administration, notamment sur la voie mâle et la valorisation des anglo-arabes en CSO. En effet les qualités de l’anglo-arabe ne sont plus à prouver en concours complet, mais il a aussi sa carte à jouer en CSO dont la discipline bénéficie d’un rayonnement plus important auprès des cavaliers. L’ANAA va également se pencher sur le dossier des races d’équidés menacées suite à la récente mise en conformité des organismes de sélection avec la règlementation zootechnique européenne. La question du renouvellement des générations ne doit pas rester non plus de côté, avec des perspectives de sensibilisation des jeunes à l’élevage d’anglo-arabes.
Tous ces projets doivent s’accompagner d’un soutien, moral bien sûr, mais surtout financier. L’ANAA se tourne vers des partenaires privés, investis pour la filière et soucieux de la préservation de la race. Certains ont déjà répondu présent. Un remerciement tout particulier est adressé à la maison mère SHF qui se mobilise aux côtés des organismes de sélection tels que l’ANAA, et qui œuvre notamment pour la professionnalisation et la structuration économique de la filière cheval.
Les éleveurs peuvent compter sur la détermination et la mobilisation des membres de l’ANAA pour permettre à l’anglo-arabe de regagner ses lettres de noblesses.